EPILOGUE

Pour prolonger ce petit goût salé (ou rosé !) de l’été, avant la rentrée des petits & grands et la rentrée littéraire, je lève le masque sur quelques derniers livres lus et appréciés…

Il y a des livres que l’on rate, comme certaines rencontres, on passe à côté d’histoires et de gens qui auraient pu tout changer. À cause d’un malentendu, d’une couverture, ou d’un résumé passable, d’un a priori. Heureusement que parfois la vie insiste.” (Extrait de Trois de Valérie Perrin)

Trois (Valérie Perrin)

Une ode à l’amitié, la vraie / Un magnifique voyage en adolescence et vie de jeune adulte / Une véritable Madeleine de Proust pour ceux qui sont nés dans les années 70. Trois bonnes raisons de lire TROIS (même s’il faut pour certains persévérer au début…)

Dès qu’on libère des adultes qui ont été mômes ensemble, l’enfance remonte à la surface.”

Tout peut s’oublier (Olivier Adam)

Japon, France, Bretagne, paternité, cinéma, fossé culturel. C’est avec cette palette aux teintes contrastées que l’auteur esquisse les déchirures de la vie de Nathan. Un jour, son ex-femme, Jun, repart sans crier gare sur l’Ile du Soleil Levant avec leur fils Léo. Au Japon, point de garde partagée, et aucun droit pour un père étranger… On se perd alors dans les dédales des rues de Kyoto, sur l’île sacrée de Miyajima et dans les tourments de ce jeune père dévasté.

Un roman très touchant et juste, qui n’est pas sans rappeler le combat d’un Vincent Fichot entre autre….

De perdre un être aimé alors qu’il était en vie. De le savoir quelque part, peut-être heureux, mais sans nous. D’être sorti de sa vie sans l’avoir désiré et de devoir entendre acte.”

Deux Petites Bourgeoises (Colombe Schneck)

Court roman (d’inspiration autobiographique ?) grinçant à souhait, entre humour, légèreté, piques et profonde amertume. L’auteur dévoile les tranches de vie d’Héloïse et Esther, qui se rencontrent sur les bancs de l’Ecole Alsacienne : amitié d’enfance, adolescence, fêtes et défaites de l’âge adulte, jusqu’à ce que la mort donne une claque sans crier gare…. Un style parfois un peu sec en mode « mitraillette », une lecture facile mais loin aussi d’être légère et anodine que ne le suggère la couverture…

« Les bourgeois sont malheureux et c’est leur faute. Ils sont là à geindre avec leurs problèmes de riches, leurs dépressions, leurs régimes, leurs travaux dans leur appartement, la poussière, leurs domestiques, la queue aux télésièges. »

Canoës (Maylis de Kerangal)

Ça démarre comme un recueil de nouvelles, un peu décousu. Puis peu à peu, le lien se tisse, brin après brin, mot après mot, vibration après vibration, sur le thème de la voix humaine. Original sur le fond et sur la forme, ce roman nous parle du pouvoir du son, des mots, de l’écho, des vibratos de ce qui est unique à chaque être humain : la voix.

Si vous aimez être surpris, dérouté, interpelé, puis charmé, voire envoûté peut-être, vous aimerez Canoës

“…car étrangement, bien plus qu’une photo ou tout autre objet qui me ferait voir leur visage aimé, c’est en rappelant à mon oreille la voix des morts aimés que je les garde présents en moi.”

Frangines (Adèle Bréau)

Saint-Rémy-de-Provence, une vieille maison de famille, La Garrigue, trois soeurs, le parfait décor estival est planté. Mais derrière les apparences d’une belle famille unie, vivante où chacun a sa place, il y a la vraie vie…

Mathilde, Violette et Louise sont si différentes, les parents n’ont pas dit leur dernier mot, la jeune génération vient gentiment perturber l’ordre instable du monde des adultes, et il y a ce « drame » de l’été précédent… Entre souvenirs et projections, entre petits (et gros) secrets et révélations choc, on découvre progressivement ce qui anime les unes et les autres.

On passe du sourire à la gravité, on est touché par ces soeurs si opposées, mais unies par un lien unique, que l’on espère assez fort pour leur permettre de continuer à avancer, seules et ensemble. Une lecture ensoleillée, tout en délicatesse – mais moins légère qu’elle n’y parait – rythmée par le chant des cigales, parfaite pour clôturer l’été !

“Rien ne change en fin de compte. On croit devenir adulte mais à part le corps et les soucis, on reste les mêmes qu’il y a trente ans.”

2 commentaires sur « EPILOGUE »

  1. Merci Delphine pour tes conseils de lecture. J’espère que votre arrivée à Londres se passera bien et que vous allez vite trouver un appartement qui vous conviendra. Bisous, Sylvie

    Envoyé de mon iPhone

    >

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