LE DERNIER ENFANT

Aujourd’hui séquence littéraire, après avoir achevé la lecture d’un roman qui m’a beaucoup touchée : Le dernier enfant de Philippe Besson.

Ce matin encore mon fils était là, ce matin encore, il était à moi.

Ou comment dépeindre simplement et pudiquement la douleur d’une mère face au fameux syndrome du nid vide.

Perdre le petit dernier est tout bonnement une dévastation, un anéantissement.

Anne-Marie, mère de trois enfants, vit le départ de son dernier, Théo, de façon violente. Les derniers instants, le déménagement des quelques cartons, les souvenirs qui refont surface sans crier gare, tout participe de façon aiguë à cette douleur, comme un coup de poignard dans les entrailles. […] des milliers de petits déjeuners ensommeillés, des centaines de fois la rondeur de ses joues sous mes baisers…

Ni ses autres enfants, ni Patrick, son mari aimant mais taiseux, ni sa chère voisine, personne ne semble comprendre vraiment ce qu’elle ressent. La vérité, c’est qu’elle pense à tout ce qui se joue en dehors d’elle, tout ce dont elle est exclue, tout ce que son fils ne lui confie pas.

Alors pourquoi c’est si difficile ? Est-ce-que ce serait de l’égoïsme ? Non, c’est de l’amour maternel.

Le fils tant aimé n’est pourtant pas insensible à cette rupture qu’il provoque car celle qui s’éloigne est tout de même son premier amour...

Vient alors l’évidence de cette nouvelle configuration du foyer, se retrouver l’un face à l’autre, mari et femme, et non plus père et mère…

On s’oublie, on s’efface, on se dilue quand on est parents […] Sauront ils se débrouiller avec une intimité pareille ?

Ce roman est un petit bijou de sobriété, de subtilité, de douceur et de violence à la fois. Les sentiments y sont décrits tout en nuances, presque à voix basse et sont pourtant criants de vérité. Une journée dans la vie d’une femme, d’une mère, qui n’a rien d’une héroïne, mais qui est tellement touchante d’authenticité.

L’auteur nous livre ici un bel hommage à l’amour inconditionnel de sa mère. Une lecture dont je suis ressortie presque apaisée. Merci.

Le dernier enfant, de Philippe Besson, éditions Julliard, 208 pages, janvier 2021.

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